Tchou tchou le petit train qui rend fou

Prendre le train avec son bébé, c’est comme jouer au poker. On peut avoir une bonne main comme voyager à côté d’une adorable puéricultrice qui lit patiemment des histoires à votre petit. Mais ça peut aussi très mal tourner. Des quenottes qui font mal, un retour de week-end surchargé… La voiture n°20 du train Hendaye-Paris a eu le grand bonheur de partager 5h30 de notre titi dans toute sa splendeur.Petit trainCette histoire est une fiction très légèrement inspirée de faits réels. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux ou des situations existant ou ayant existé est totalement volontaire.

Embarquement immédiat. Chargés comme des mulets, nous arrivons tant bien que mal à nous frayer un chemin jusqu’à nos places. Une femme et sa fille y sont déjà installées, à leur aise, en pleine partie palpitante de scrabble. Visiblement agacées de devoir changer de place en plein mot compte triple, elles mettent du temps à bouger. « Oui bon j’imagine que vous voulez  rester tous les 3… » et bien… notre bébé, votre partie de scrabble…  sans vouloir vous vexer le choix est vite vu! Nous restons donc de marbre face à leur colère froide et au remballage de leurs fourbis, la titi accrochée dans les bras me cassant gentiment le dos. Oh mince les jetons tombent par terre, la fille, future mégère, jette à sa mère d’un air pincé: « Oh voyons maman, tu pourrais faire attention!! », elle ne daigne même pas l’aider. Charmante! Elles ne savent pas encore leur chance de se retrouver loin de nous et de notre petit gigot remuant de Pâques.

Et c’est parti pour 5h30 d’enfer! Au début tout va bien, notre bambin a de quoi faire: l’ardoise magique, l’album Miffy et ses 100 autocollants (« des heures d’amusements garanti »), Tibou et ses histoires passionnantes, la poupée Corolle et tout son attirail… bref nous pensions être parés. Nos compagnons de voyage nous regardent avec tendresse, titi a droit à leurs plus beaux sourires et elle le leur rend bien.

Pourtant, elle commence vite à s’agiter, à pousser des cris de petite souris enthousiaste, passe d’une activité à une autre tout en pétrissant sauvagement les genoux de papa et de maman, à tour de rôle. Légèrement barbant. Allez on va dîner, ça va l’occuper. Alors organiser un repas de bébé sur une table d’à peine 20 centimètres carrés, à 6 voitures d’un wagon bar en grève, n’est pas une mince affaire. Il faut des années d’expérience à Tetris et savoir anticiper en permanence la chute d’objets forcément salissants. Le sandwich au jambon a été recraché plusieurs fois (où est cette foutue poubelle?!), la banane s’écrase par terre puis sur le siège, la titi se marre en l’écrabouillant bien fort dans sa petite main. La compote à boire explose de plaisir et nous arrose copieusement. Autour les regards sont encore amusés. Un petit yaourt? non non non surtout pas!!! C’est rapidement du grand n’importe quoi. Nos sièges se souviendront longtemps de notre passage. Respirer, rester calme et ferme. On ne va pas se laisser pourrir par ce petit machin, non? Plus que 4h de route…

Un peu de lecture, ça va l’apaiser. Après s’être pris à plusieurs reprises les petits livres en carton dans la figure, la moutarde commence à monter un peu… On gronde le petit monstre qui se met à chaque fois à hurler comme un veau. Les têtes se tournent et rigolent déjà moins. Encore 3h… Miffy le lapin et ses amis les charmants petits autocollants se baladent un peu partout sauf dans le livre. Hop un bonbon sur le nez, un chaton sur la joue, ahah oui c’est très rigolo. Oh non elle a trouvé le sifflet! Vite le récupérer l’air de rien. Hurlements, premiers regards assassins. La jeune peau de vache nous lance des regards noirs. Ouf l’ardoise magique nous accorde 5 minutes de répit au son d’une cuillère rouillée raclant le fond d’une casserole. Et puis bim grand coup sur la table. Après avoir failli se prendre 3 fois le petit crayon dans l’oeil, mise en place d’une tentative de récupération. Là, c’est la provocation de trop. Explosion de colère, la titi s’arc-boute en arrière sans prévenir, bam violent coup de tête contre la tablette. Ca résonne dans tout le wagon. Regards choqués « Quelle horreur, ils maltraitent leur bébé! ». La petite fouine fronce le nez d’un air de dire: « quand on ne sait pas s’occuper d’un enfant, on n’en fait pas ». Solitude extrême, mille sentiments se disputent nos faveurs: honte, colère, inquiétude, désespoir…

Vite fuyons! Les couloirs sont bondés. Comment une si petite chose peut-elle brailler autant? On débarque comme une grenade dégoupillée dans les voitures voisines. Envie de balancer notre petit paquet et de repartir en courant. Les autres enfants ont l’air sages et tous étonnés. Par pitié donnez-nous votre secret!! Remise au point entre 2 wagons. A bout de souffle et toute morveuse, titi nous regarde avec de grands yeux de Bambi innocent. C’est pas bien, tu es très vilaine et patati et patata. Elle rentre la tête accablée. Courage, plus que 2h.

Pas fiers, nous revenons finalement à nos places. Les autres voyageurs en ont profité pour s’endormir, enfin bercés par les ronrons du train. Misère! Une mesure d’urgence s’impose. C’est le moment d’abattre notre dernière carte: un dessin animé va nous sauver. Rendons grâce à l’insupportable Dora l’exploratrice, à l’irritante Reine des neiges, à Peppa Pig ainsi qu’à Winnie, l’ourson boulimique pour leurs imparables pouvoirs d’envoûtement. Alors d’habitude ça marche mais il faut croire que le Roi lion et toute sa clique faisaient pâle figure face au bonheur évident de nous pourrir le voyage. Je vous épargne la tentative de réduire à néant l’ordinateur, les crises de colère à répétition, les regards excédés, notre désarroi, bref la fin de ce marathon infernal… vous avez compris l’idée générale.

Enfin arrivés, au bout du rouleau, nous nous échappons comme des voleurs. Tant qu’à être considérés comme des monstres sans gêne autant continuer dans notre lancée. Allez on grille la file d’attente des taxis. A peine installés dedans, ce petit chameau s’endort tranquillement.

Ouf! la maison. Comme une légère impression que le train nous a roulé dessus et que chaque passager s’est amusé à nous piétiner de rage.

« On a passé un week-end fabuleux non? »
« Oui oui, par pitié tais-toi et éteints la lumière! »

Bébé conducteur de trainConclusion: entre 1 et 2 ans tous les trajets assez longs sont à bannir impérativement sous peine de perdre la raison. Je tiens à souligner que notre petit lardon n’est pas hyper-active et n’a pas un vilain caractère. Et c’est là que c’est le plus vache, on ne s’y attend pas. Si vous avez une solution miracle genre potion magique nous sommes preneurs!

Minimum vitale à prévoir:

  • mouchoirs, sopalin, lingettes en tout genre
  • une tenue de rechange (pour le gnôme mais aussi pour vous)
  • un pique-nique tout terrain et une bouteille d’eau
  • des joujoux: de préférence silencieux et gentils, tous doux (ça fait moins mal). Attention, les choisir également suivant leur fort potentiel d’occupation.
  • livres, albums à colorier, gommettes.
  • feutres, crayons de couleurs, pâte à modeler (sachez par avance que votre voisin d’en face les ramassera bien volontiers au début mais qu’ il aura juste envie de vous les envoyer dans la figure au bout de la 20 ème fois. Ca se comprend, c’est humain).
  • ses dessins animés préférés
  • Mary Poppins

Petite astuce: avec la carte de fidélité enfant +, vous avez jusqu’à 50% de réduction sur vos billets et surtout une 3ème place gratuite pour votre bambin. Elle est valable 1 an et coûte 75€. Surtout ne pas avoir l’idée saugrenue de prendre des places en ID zen, privilégiez les carrés famille. Quand la SNCF est sympa, elle regroupe les familles ce qui donne l’occasion de se faire de nouveaux copains pendant le voyage.

Si vous avez de bonnes idées pour occuper les petits, soyez sympas, partagez!!!

Allez bon vent!

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